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  • : P.S. PRUNE est le blog de Prune Victor. Insolent, licencieux, torturé, amoureux, tendre, colérique, décapant, corrosif et en ligne(s)
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Et les textes chez Vents Contraires, la revue collaborative du Théatre du Rond Point

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ANGOISSE ...

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse, 
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul, 
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

Mallarmé


Notre devoir n'est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie. 

Si nous commencions ? 

Albert LONDRES

Chez les fous

(ed. Arléa)

10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 09:33

Vous me pardonnerez, mais je ne comprends pas la question.

 

Je suis là devant vous. Vous vouliez me voir, me rencontrer. Me connaître. Je me suis présenté à vous. Devant vous. Je vous ai dit de moi tout ce qu’il y a à savoir. Je vous ai parlé de tout, de mon travail, de ma maison, de ma femme, de mes trois enfants. Du petit dernier surtout, qui marche à peine. Qui est si tendre. Dans lequel j’aime tellement me retrouver.

 

Je vous parle des deux autres. Avec qui je passe tant de temps, dont je suis aussi proche que je le peux. Les fins de semaine ne sont pas assez longues, je n’ai pas le loisir d’en jouir comme je le voudrais. Mon épouse jalouse ces moments d’intimité que j’ai avec les aînés. Sans s’y opposer.

Nous avons des activités. Une que j’apprécie, en particulier, est de les emmener au parc. Les voir y courir, s’y cacher, et me retrouver. Nous y jouons. Des jeux d’enfants. Je les regarde vivre, s’amuser. Avec moi. Avec d’autres enfants. Ils sont heureux.

 

Quand nous avons bien joué, nous allons chercher des gaufres, ou des glaces, selon la saison. Tous les trois. En nous donnant la main. Si d’autres enfants, leurs amis de l’après-midi, en veulent, je leurs en offre. Pourquoi priver un enfant de plaisir ? Pour me remercier, ils me font un bisou. Et je leur rends. Un bisou, un simple baiser, sur le front. Je passe ma main dans leurs cheveux, les tiens un peu contre moi. Je leurs fais un autre bisou, parce que c’est tellement touchant, lorsque leurs petits yeux deviennent brillants. Un câlin, dans leur petit cou.

 

Avez-vous déjà prêté attention à un cou d’enfant ? C’est comme une pêche. La peau de la pêche…Veloutée, duveteuse. Si ferme et si douce à la fois. On la goûte du bout de la langue, on s’aventure un peu plus, pour en apprécier le parfum. On la tient dans le creux de la main, on peut la passer contre sa joue, c’est si agréable. Avant de croquer dedans, pour en apprécier toute la pulpe,  tout le jus, le sentir couler sur ses lèvres, dans sa gorge…N’est-ce pas délicieux, une pêche ?

 

Ils aiment ça, les enfants. Ils aiment les câlins. Je le sais bien, je le vois avec les miens. Ils ne les refusent jamais, le soir, quand je peux aller les voir. J’ai tellement d’amour en moi, pour mes enfants, pour tous les enfants, pourquoi ne pas les en faire profiter ?

Et c’est à ce sujet que vous m’interrogez.

 

Ce n’est que de l’amour, Monsieur le Président. Que de l’amour que je donne à tous ces enfants. L’amour, ça peut, ça doit se partager.

Je vois vos yeux qui s’écarquillent. Vous ne voulez pas comprendre. Sans doute ne le pouvez-vous pas.

 

En refusant de m’écouter, en refusant d’admettre ce que je cherche à vous expliquer depuis que vous me questionnez, c’est l’amour lui-même que vous mettez au banc des accusés.

 

Aussi, quand vous me dîtes : « Etes-vous conscient de ce que vous avez fait à ces enfants ? », vous me pardonnerez, mais je ne comprends pas la question.

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Published by Prune ...etc... - dans DECAPEZ-MOI
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commentaires

annie ahmad 10/10/2011 13:06


toujours surprenante prune , bravo et merci


Philippe 04/03/2011 17:06


Aïe-aïe-aïe...

Après la pomme vint la pêche, parfois l'abricot.
Même tendus, ils restent défendus.