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  • : P.S. PRUNE est le blog de Prune Victor. Insolent, licencieux, torturé, amoureux, tendre, colérique, décapant, corrosif et en ligne(s)
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VENTS CONTRAIRES.NET

 

Et les textes chez Vents Contraires, la revue collaborative du Théatre du Rond Point

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ANGOISSE ...

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse, 
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul, 
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

Mallarmé


Notre devoir n'est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie. 

Si nous commencions ? 

Albert LONDRES

Chez les fous

(ed. Arléa)

30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 14:29

D''après l'invitation de Jacques Bens et Bertrand Jerôme. L'un des premiers à y répondre fut Georges Perec. Sa liste s'arrête à 37 : «Je suis arrivé à 37 ;  j'ai décidé qu'il y en aurait 37. Voilà.» 

Or sa liste n'en comporte que 36...

 

1/ sauter en parachute

2/ sauter pieds nus dans des flaques d’eau

3/ sauter d’un train en marche

4/ sauter sur une occasion

5/ sauter du coq à l’âne sans m’en rendre compte

6/ sauter un repas

7/ sauter cent fois à la corde sans m’arrêter

8/ sauter d’un livre à l’autre sans complexe

9/ sauter dans le vide et retomber sur mes pattes, comme un chat

10/ sauter la 3/, elle est idiote

11/ manger des sauterelles grillées

12/ manger un plat de nouilles avec des vieux chinois

13/ lire entre des lignes écrites à l’encre sympathique

14/ apprendre le braille

15/ apprendre le morse

16/ aller nourrir des otaries

17/ danser avec des loups

18/ danser la carmagnole

19/ danser dans la forêt un soir de pleine lune

20/ rouler des cigares à Cuba

21/ rouler ma bosse sur des chemins de traverse

22/ faire du saut à la corde sur la grande muraille de Chine

23/ faire une marelle sur la Place Rouge

24/ saluer le dernier des Mohicans

25/ trouver le nom du soldat inconnu

26/ rendre à César ce qui lui appartient

27/ rendre la clé des champs

28/ prendre un cours côté jardin

29/ croire au Père Noël

30/ jouer de la flûte à un paon

31/ jouer les Femmes savantes sans être ridicule

32/ poser des questions au Sphinx

33/ ne pas écouter les réponses

34/ voler le chapeau d’un Horse Guard

35/ le confier à un ours polaire

36/ donner un briquet à la petite fille aux allumettes

37/ transformer un prince en crapaud

38/ apprendre le suédois pendant une nuit blanche

39/ faire le voyage de Phileas Fogg

40/ être sauvage un vendredi

41/ regarder de l’autre côté du miroir

42/ voyager au bout de la nuit

43/ réconcilier le jazz et la java

44/ valser sur un pont avec les demoiselles d’Avignon

45/ offrir un nouveau pot à Perrette

46/ faire un bœuf avec une grenouille

47/ mener une mouche en bateau

48/ faire un détour à Pise

49/ faire la route 56 en Harley et te reconnaître

50/ refaire la liste

 

 

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Crédit photo : Julia Fullerton

 

 

 

 

 


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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 07:05

Et de la vie avant toute chose.

De la vie, de celles des roses,

Qui ,fragiles, s’éveillent au baiser

De la perle que l’aube vient déposer

Sur leurs pétales endormis.

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 17:43

Et je vis un jardin refleurir.

Le jardinier se jouait des saisons.

Il s’amusait à tromper la raison

En réveillant ce qui semblait dormir. 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 10:35

 

Je me retournerai souvent 

Les souvenirs sont cors dechasse 

Dont meurt le bruit parmi le vent.

Guillaume Apollinaire

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Crédit photo Sally Man

 

 

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 17:30

... car la nuit sera noire et blanche. 
G. de Nerval.

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Crédit photo Helmut Newton

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 13:30

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Crédit photo Tim Walker

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:12

Et ils mourront à genoux, ployant sous le joug de vos attentes, des attentes qu’ils mettaient en vous, esclaves des pensées qu’ils vous prêtaient sans vous avoir parlé. Esclaves de sentiments dont ils se détachaient. Vaine souffrance. 

Et ils s’étaleront, tâches de sang ou de boue, selon que vous les voyez hommes ou déchets de la terre, déjà poussière. Selon que vous les aimiez ou les ignoriez.

Et ils imploreront un pardon qui sera refusé, un pardon qu’on ne peut plus donner, un pardon qu’ils auraient du demander quand il était temps, quand le temps était à le faire, avant qu'un trop tard ne les oblitère.

Ne les transperce.

Ne les troue, comme ce trou préparé, creusé, cette tombe ouverte jusqu’à laquelle ils vont rouler. Cette tombe qui sur eux va se refermer, laissant un dernier cri s’échapper, un cri silencieux et muet.

 

Personne pour l’entendre, on n’entend rien quand le muet se met à hurler.

Leur lâcheté les a bâillonnés.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 09:33

Vous me pardonnerez, mais je ne comprends pas la question.

 

Je suis là devant vous. Vous vouliez me voir, me rencontrer. Me connaître. Je me suis présenté à vous. Devant vous. Je vous ai dit de moi tout ce qu’il y a à savoir. Je vous ai parlé de tout, de mon travail, de ma maison, de ma femme, de mes trois enfants. Du petit dernier surtout, qui marche à peine. Qui est si tendre. Dans lequel j’aime tellement me retrouver.

 

Je vous parle des deux autres. Avec qui je passe tant de temps, dont je suis aussi proche que je le peux. Les fins de semaine ne sont pas assez longues, je n’ai pas le loisir d’en jouir comme je le voudrais. Mon épouse jalouse ces moments d’intimité que j’ai avec les aînés. Sans s’y opposer.

Nous avons des activités. Une que j’apprécie, en particulier, est de les emmener au parc. Les voir y courir, s’y cacher, et me retrouver. Nous y jouons. Des jeux d’enfants. Je les regarde vivre, s’amuser. Avec moi. Avec d’autres enfants. Ils sont heureux.

 

Quand nous avons bien joué, nous allons chercher des gaufres, ou des glaces, selon la saison. Tous les trois. En nous donnant la main. Si d’autres enfants, leurs amis de l’après-midi, en veulent, je leurs en offre. Pourquoi priver un enfant de plaisir ? Pour me remercier, ils me font un bisou. Et je leur rends. Un bisou, un simple baiser, sur le front. Je passe ma main dans leurs cheveux, les tiens un peu contre moi. Je leurs fais un autre bisou, parce que c’est tellement touchant, lorsque leurs petits yeux deviennent brillants. Un câlin, dans leur petit cou.

 

Avez-vous déjà prêté attention à un cou d’enfant ? C’est comme une pêche. La peau de la pêche…Veloutée, duveteuse. Si ferme et si douce à la fois. On la goûte du bout de la langue, on s’aventure un peu plus, pour en apprécier le parfum. On la tient dans le creux de la main, on peut la passer contre sa joue, c’est si agréable. Avant de croquer dedans, pour en apprécier toute la pulpe,  tout le jus, le sentir couler sur ses lèvres, dans sa gorge…N’est-ce pas délicieux, une pêche ?

 

Ils aiment ça, les enfants. Ils aiment les câlins. Je le sais bien, je le vois avec les miens. Ils ne les refusent jamais, le soir, quand je peux aller les voir. J’ai tellement d’amour en moi, pour mes enfants, pour tous les enfants, pourquoi ne pas les en faire profiter ?

Et c’est à ce sujet que vous m’interrogez.

 

Ce n’est que de l’amour, Monsieur le Président. Que de l’amour que je donne à tous ces enfants. L’amour, ça peut, ça doit se partager.

Je vois vos yeux qui s’écarquillent. Vous ne voulez pas comprendre. Sans doute ne le pouvez-vous pas.

 

En refusant de m’écouter, en refusant d’admettre ce que je cherche à vous expliquer depuis que vous me questionnez, c’est l’amour lui-même que vous mettez au banc des accusés.

 

Aussi, quand vous me dîtes : « Etes-vous conscient de ce que vous avez fait à ces enfants ? », vous me pardonnerez, mais je ne comprends pas la question.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 08:19

Et vous irez crier que vous n’êtes pas compris, que vous n’êtes que dénigré, bafoué, mis au ban d’une société trop disparate ou futile pour que vous y trouviez votre place.

Et vous irez vous plaindre, seul, devant votre glace.

Vous irez gémir sur vous, complaisant avec l’humanité dont vous vous croyez investi et la vérité que vous pensez détenir.

 

Pauvre vilain petit canard…

 

Vous voilà pataugeant seul dans votre mare. Vous avez su la vider. Vous vous défendez de l’avoir voulu. Vous vous révoltez, vous dites ne pas avoir été cru. Mais cru, de quoi ? D’être le seul à détenir le bon droit ? D’être le seul à pouvoir dire, à être par avance justifié, excusé, de prononcer des paroles tranchantes comme des couperets, jetées arbitrairement à la face de gens qu’à peine vous connaissez ?

 

Donneur de leçon, faiseur de morale, vous avez éloigné de vous ceux qui vous portaient de l’intérêt. Certains ont fui. D’autres, lassés, ont continué de regarder le pitoyable spectacle que vous leur offriez, comme cruellement on observe son bourreau s’enfoncer dans des sables mouvants jusqu’au torse, jusqu’aux épaules, jusqu’aux yeux, jusqu’à l’étouffement. Guettant les derniers instants, le dernier souffle, témoins impatients et curieux de votre déchéance. Comme on regarde le roi despote abdiquer, fuir, attendant Varennes pour l’attraper et le condamner.

Les derniers étaient déjà partis, trop respectueux pour rester spectateurs de votre gloire défunte, trop détachés pour se moquer ou blâmer, trop sains pour vous regretter ou vous pleurer.

 

Et vous battez des ailes, agitant votre tête, et claquant du bec, cherchant encore à pincer le curieux qui pourrait s’approcher. Mais vous ne pincez plus que le vide, jeune vieillard au cœur aride, précoce miséreux, mendiant de légèreté et de tendresse.

 

Il vous manque cependant le don offert au vilain petit canard. Il était promis à la grâce. Du cygne, vous n’en avez que l’air prétentieux et le long cou arrogant. Qui impressionnez-vous encore ? Contre quoi vous battez-vous, lorsque vous vous jetez sur ce qui vit autour de vous ?

 

 

Etes-vous encore vivant ? 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 16:40

On ne sait pas combien de temps dure une seconde. Une seconde, peut-être deux, ou dix, pas plus. Une seconde, c’est parfois infiniment long. Et de cet infini, on ne fait qu’en guetter la fin.

 

Deux ou trois notes de musique, une chanson. Un rire. Dans le rétroviseur,  un sourire plein de petites dents blanches, faudra les laver ce soir, oui promis, c’était bien aujourd’hui, oui c’était bien, vous pouvez dormir, le soleil va se coucher aussi.

Un éclair de soleil entre deux nuages, il tape sur la flaque, sur la route encore mouillée, c’est la fin de l’été, ça fait naître les parfums de l’automne. Ouvrir un peu la fenêtre, et respirer.

 

Un autre éclair.

 

Et une seconde. Peut-être deux, ou dix.

De la terre. De la terre plein les yeux. Une goutte, deux, trois, un crissement infini, résonne, résonne encore, résonne en rouge, de la terre plein la bouche au goût de vomi, de la terre devenue rouge et le verre qui s’y colle, en éclairs éclatés, et des prunelles dans le rétroviseur, des prunelles qui crient la peur. Un craquement, une seconde, un autre encore, le temps joue avec la mort, deux secondes, glissade non contrôlée, rétroviseur vidé de prunelles, arraché, trois secondes, rien ne s’arrête, dix secondes.

Stop. 

Silence.

 

Maman…Maman !...

C’est rien. On a eu un accident.

 

Il y a dix secondes, on avait oublié qu’on était vivant.

On sait combien de temps dure une seconde. Le temps de se le rappeler.

 

 

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