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  • : P.S. PRUNE est le blog de Prune Victor. Insolent, licencieux, torturé, amoureux, tendre, colérique, décapant, corrosif et en ligne(s)
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Et les textes chez Vents Contraires, la revue collaborative du Théatre du Rond Point

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ANGOISSE ...

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse, 
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul, 
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

Mallarmé


Notre devoir n'est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie. 

Si nous commencions ? 

Albert LONDRES

Chez les fous

(ed. Arléa)

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Liberté, j’écrirai ton nom…

Tellement beau à dire, tellement semble t’il facile à écrire. Tellement appris sur les bancs de l’école, merci monsieur Eluard de nous faire rêver de liberté. 
C’est vrai que dans notre beau pays, la liberté est…Liberté chérie, s’associant sans peine à l’égalité, et à la fraternité. S’associant sans peine puisque tout petit nous l’apprenons par cœur, le chantons à tue-tête sans vraiment en comprendre les paroles, nous dressant fièrement tels des coqs sur leurs ergots, coinvaincus de défendre ad vitam ce droit le plus strict, celui d’être libre. 

Et puis, nous grandissons. Notre liberté devient contingentée. C’est pas de notre faute ; on voulait pas, j’le jure votre Honneur, oublier qu’ailleurs d’autres souffrent. On voulait pas arrêter d’y penser. Mais bon, faut avouer, c’est pas de notre faute. Entre le travail, la famille, la fatigue, les horaires, le périph bouché, le FISC à régler, les vacances à organiser…On ne peut pas être partout. 

Heureusement, le XXeme siècle vit naître un outil génial, pour nous rappeler à l’ordre : la télévision. Et le soir, lorsque commence la grand messe, regardée d’un œil torve entre la soupe et le fromage, certaines figures surgissent dans le petit écran. D’images en descriptions, elles nous rappellent qu’alors que nous sommes confortablement installés, certains se battent, d’autres souffrent, d’autres encore meurent, au nom de la Liberté. 

Ces figures, ce sont celles des journalistes. 
Ils n’ont pas attendu le XXeme siècle pour s’exposer, pour interpeller, et pour crier haut et fort ce que d’autres veulent dissimuler. Ils n’ont pas attendu pour se mettre en danger. 

Comme on les plaint, ces journalistes. Comme on les remercie de nous informer. Comme on a peur pour eux, pour leur vie, comme on les admire du courage dont ils font preuve. 
Et comme on les oublie lorsque le divertissement reprend ses droits. C’est qu’après une rude journée, faut bien se reposer tout de même, hein, votre honneur. 
Le problème, c’est qu’on n’est pas les seuls à les oublier. Nous, on est juste conditionné, par la télé. Petits moutons bien nourris, on pleure, on zappe, et on sourit. Mais eux…eux les grands patrons bien assis dans leurs fauteuils ; eux qui compulsent frénétiquement les parts de marché, et la popularité de leurs chaînes, eux oublient, aussi. 

Un coup fumeux, un coup d’état, un journaliste qui s’en va, est-ce qu’il reviendra ? On ne sait pas, on pense à lui, et on pense plus, désolé c’est pas l’actu. 

Aujourd’hui, il semblerait que certains oublient, oublient vraiment. 
Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, journalistes à France 3, sont otages en Afghanistan depuis 157 jours. On n’en parle pas, c’est pas le moment. Y’a tennis. Et après, y’aura foot. Pour eux, on verra…plus tard, quand on aura le temps. Cet été peut-être, ou après, si le temps le permet. 

Alors, pour ne pas oublier, pour continuer à dire Liberté, liberté chérie…sans rougir…Faites passer. Un jour on le souhaite ils reviendront, ne les abandonnons pas d’ici là. 
Sinon, qui pourra, sans baisser les yeux, continuer à dire…merci monsieur Eluard ? 

 

©P.V. juillet 2010

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