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  • : P.S. PRUNE est le blog de Prune Victor. Insolent, licencieux, torturé, amoureux, tendre, colérique, décapant, corrosif et en ligne(s)
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VENTS CONTRAIRES.NET

 

Et les textes chez Vents Contraires, la revue collaborative du Théatre du Rond Point

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ANGOISSE ...

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse, 
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul, 
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

Mallarmé


Notre devoir n'est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie. 

Si nous commencions ? 

Albert LONDRES

Chez les fous

(ed. Arléa)

29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 08:49

 

 Il n'en revenait pas : c'était bien tous ses numéros qui étaient tombés au dernier tirage du Loto... tous.

Et cela faisait maintenant deux semaines qu'il avait arrêté de jouer.

C’est ce qui s’appelle ne pas avoir de bol.

Vingt-cinq ans de loto pour en arriver là. Il n’avait jamais calculé la somme exacte engagée au cours de ses nombreux paris, et le montant pharaonique (gagné par un autre) qui se dessinait sous ses yeux aurait pu le rendre malade.

 

Ce fut tout le contraire. Il se mit à rire. A rire vraiment. A gorge déployée. A en faire sursauter ce petit grand-père qui était venu boire son thé au lait. A faire se relever des têtes encore endormies, lourdes de la fatigue d’un week-end trop court ou trop rempli. A faire se dérégler la machine à café, si elle avait eu une once de sensibilité.

Du rire, l’on passe facilement au fou-rire, plus difficile à contrôler, plus difficile à stopper. On se tient les côtes, on rougit et l‘on en pleure. On cherche à se calmer, on ne le peut pas. C’est irrépressible et plus fort que soi. Et l’on finit par se donner en spectacle, distrayant pour les uns, désolant pour d’autres.

 

C’est exactement ce qui lui arrivait. Peu à peu, les clients se tournèrent vers lui, intrigués, gênés, pour certains presque offusqués de  voir un homme se comporter ainsi. Qu’y avait-il de si drôle, pour ne pas pouvoir refreiner ce gloussement permanent ?

L’un dit, entre haut et bas « Il a peut-être gagné. » Il le dit suffisamment haut cependant pour être entendu. Et le fou-rire redoubla.

Une autre plus loin articula haut et fort qu’elle était dérangée par le bruit. Qu’il fallait le calmer, il passait pour un fou ou un ivrogne, un insensé c’était certain.

Un autre encore le regardait en souriant, nostalgique de ses propres rires, envieux d’une chance qu’il imaginait.

 Le patron du café, devenu un ami au fil des années, finit par passer de l’autre côté du comptoir pour venir le voir.

Allons, allons, calme toi…

(Entre deux éclats de rire) …désolé, je ne peux pas …

Sors, va prendre l’air. Je te paye ton café. Reviens quand tu seras calmé. Tu sais j’t’aime bien, c’est pas contre toi, mais là tu déranges la clientèle…

(Toujours riant) Oui, je sais, ‘xcuse-moi, j’reviens.

Tu me diras pourquoi ?

Pourquoi quoi ?

Pourquoi tu ris, comme ça ?

Oh, t’inquiète pas. C’est rien.

 

Et il sortit.

Ouais, il n’avait pas de bol. Il n’en avait jamais eu. C’était comme ça. Y’a ceux qui naissent vernis. Ils marchent dans la merde, c’est toujours du bon pied. Ils passent sous l’échelle, le pot tombe à côté. Et puis, y’a les autres. Lui, il faisait partie de la catégorie des autres. Ceux qui prennent la mauvaise file au péage. Ceux qui arrivent quand tout est fini. Ceux qui ne sont jamais là où il faut, quand il faut. Ceux qu’on oublie si vite qu’on ne peut pas dire si un jour ils ont vraiment été là.

 

Il avait arrêté de jouer au loto, deux semaines avant.  Juste après avoir eu ses résultats. Restait à connaître la dead line. Elle était tombée hier.

 

Il était condamné. Tumeurs trop avancées, mort à suivre.

Le rendez-vous avec la faucheuse était pour bientôt. Pas de date exacte. Elle serait sans doute en avance.

 

Alors le loto, ouais, c’était un peu sa vie … De toute façon, il avait toujours tiré le mauvais numéro.

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 15:35

Demain, je ne serai peut-être plus là. Non, le « peut-être » est de trop.

Demain, je ne serai plus là.

 

Je vous tire ma révérence.

 

Vous qualifierez mon acte de suicide.  Parce qu’il faut que chaque chose ait un nom. Une manière de se rassurer. Du moment qu’on sait les nommer, on pense les maîtriser. Cet éternel besoin de comprendre…

Parmi vous, certains se sentiront coupables, d’autres victimes. Il y aura des questions, des incompréhensions, des refus d’y croire. Vous chercherez ce qui aurait pu être un signe, vous vous reprocherez d’avoir été absents, distants, sourds ou aveugles. Vous vous trouverez des excuses. Vous repenserez à des moments qui deviendront des justifications. Vous vous blâmerez pour des paroles non dites, d’autres trop prononcées, pour des silences non entendus, pour des gestes non faits. Vous vous demanderez où vous étiez, lorsque c’est arrivé. Vous vous inquiéterez de savoir si j’ai souffert, vous vous inquiéterez de votre propre souffrance.

 

Finalement, vous ne penserez qu’à vous. Je serai l’excuse, le passe-droit qui vous permettra de vous concentrer sur vous. Dites-moi merci, j’autorise votre narcissisme, je lui donne une raison d’exister.

 

Je vais bien.

Le cœur, le corps vont bien. L’esprit aussi. Ni dépression, ni trouble pathologique. Je sors de dix ans de thérapie, je ne prends aucun traitement. Mon psy risque de ne pas comprendre mon geste. Il risque de se remettre en question. Il va douter. Flancher, mettre en cause tout ce dont il est si sûr. Il va s’allonger. Reprendre sa psychanalyse. Parce que mon geste ne peut être si je vais bien. Aussi, mon suicide ne sera pour mon psy que le témoignage d’une pathologie non détectée. Une erreur, un échec. La honte.

 

Je ne bois pas, ne fume pas, ne me drogue pas. Je fais du sport, deux fois par semaine, j’ai un travail, une maison, je paye des impôts, je vais au restaurant et au cinéma.

J’ai une famille et des amis.

 

Je vais dîner régulièrement avec des amis. Je vois mes parents le week-end. Je vais chez eux avec les enfants, quand c’est « mon » week-end. Comme tellement de couples aujourd’hui, le mien s’est soldé par un divorce, à l’amiable, sans heurts ni conflits. J’ai voulu divorcer. J’avais cessé d’aimer. J’étais bien ; je n’aimais plus. L’amour manquant à mon quotidien, j’ai changé de quotidien. Sans regret.

 

Vous me montrez du doigt subitement. Mon geste est odieux, bien plus qu’égoïste. Mes enfants vont subir un traumatisme. Ils seront nécessairement entourés. Puis l’entourage va s’éloigner. Ils se retrouveront, au moins pour l’un d’eux, en échec scolaire. Ils iront voir des psys, à leur tour. Leur premier chèque après une séance de divan sera suivi de centaines d’autres. Ils n’auront pas la réponse à leur question. Car ils ne sauront jamais vraiment quelle est la bonne question à poser.

Ma présence changerait-elle quelque chose ? Aujourd’hui, tout le monde se cherche une raison d’aller chez le psy. On y va plus facilement que chez le coiffeur. Et ceux qui n’y vont pas sont soupçonnés d’inconscience par les autres, tout en se trouvant curieux de ne pas y aller, et en en ayant une peur bleue. Ne pas se faire suivre devient le signe évident d’un trouble inavoué. Apprendre la nature du trouble terrorise. Se murer dans l’incertitude protège et paralyse. Notre monde est gouverné par les psys plus que par les politiques.

Mes enfants appartiennent à ce monde. Ils choisiront d’y vivre, ou non, bien, ou mal. Mon départ n’aura qu’une infime incidence sur leur existence.

 

Je ne m’ennuie jamais. Non, là, j’exagère. Je m’ennuie rarement. Lorsque ça se produit, je me fais une tasse de thé. C’est un réflexe inexplicable. Le rituel du thé m’occupe et me fait penser à autre chose. Faire chauffer l’eau, jeter l’eau bouillante dans la théière, jeter cette eau. Mettre le thé, en feuilles séchées, dans une boule. La dose exacte, permettant d’obtenir la couleur, le goût, l’arôme parfaits. Mettre la boule dans la théière. Remettre de l’eau bouillante. Laisser infuser. Trois minutes. Oui, je pense à autre chose. En tout cas à quelque chose.

Aujourd’hui, ce rituel ne me suffit plus.

Quand je m’ennuie c’est que je ne pense à rien. C’est le rien qui m’ennuie.

 

Aujourd’hui je m’ennuie.

Je ne joue pas avec la mort. Ce n’est pas un divertissement. Je sais parfaitement que lorsque la mort sera là, il n’y aura aucun espoir de retour. J’ai pleinement conscience que nous ne sommes pas dans un jeu vidéo. Il n’y a pas neuf vies possibles. Game over.

 

Je ne vois plus de raison de vivre, c’est tout.

 J’aime mes amis. Je ne partage rien de nouveau avec eux. J’ai donné tout ce que je pouvais leurs donner. J’en ai reçu autant. Ils n’ont plus rien à m’offrir. Pas par manque de volonté, pas parce que leur amitié s’effrite. Parce que c’est humain. On a tous un quota de sentiments ou de temps à partager. Quand il est épuisé, il ne se ressource pas, ne se reconstruit pas.

 Mes parents ? Ils seront malheureux bien sûr. Il est évident que perdre un enfant est moins dans la logique des choses que de perdre un de ses parents. La vie cependant est-elle logique ? A bien y penser, je ne crois pas. Pourquoi, si elle l’était, pourquoi certains, qui ne font rien, ne se donnent jamais aucun mal, réussissent, là où d’autres peinent, souffrent, plongent dans la détresse, dans la misère ?

Maman va beaucoup pleurer. Elle va se demander ce qu’elle a raté. Elle va se tenir responsable de mon acte.

Je l’écris ici et transmettez-lui. Maman, tu n’es pas responsable. Tu m’as donné tout ce que je pouvais espérer. Tu as fait de ton mieux. Et je t’aime.

Papa va se taire. Pendant plusieurs jours. Ce sera sa manière de pleurer. Il jouera son rôle auprès de maman. Il essaiera de la soutenir. Il va souffrir plus qu’elle. Non pas que papa m’aime plus, je ne compare ni leur amour ni leur douleur. Mais il ne saura pas l’évacuer.

 

J’ai fait le tour de ce que je pouvais faire, apprendre, donner, recevoir, échanger. J’ai fait le tour de ce que je voulais savoir. De ce que je voulais voir. De ce que je voulais avoir.

Je n’ai plus besoin de rien. Ni de personne. Plus envie.

Je m’ennuie.

 

Demain, je ne serai plus là.

Avant de finir cette lettre, j’ouvre la fenêtre. Je regarde Paris qui brille. La ville est belle.

Je n’ai qu’à sauter. Un saut dans ce qui est inconnu. Quand je le connaitrai, je ne serai plus là.

C’est le seul acquis qu’on ne peut jamais expliquer ni transmettre.

 

Au revoir.

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:31

Il n’avait plus une cigarette et c’était dimanche : tous les tabacs étaient fermés.

 

C’était la première fois, de mémoire de poumons, que ça lui arrivait. Prévoyant, il avait toujours un ou deux paquets d’avance, pour éviter de tomber « en rade ». Il se moquait par ailleurs facilement de certains de ses amis, manifestant une angoisse marquée de sueurs froides lorsque la dernière cigarette était allumée, et le plus proche buraliste à plus d’une heure de trajet. Il se moquait encore plus de cet état d’agitation dans lequel ils semblaient sombrer, allant de la nervosité mal contrôlée à la panique débordante.

 

Il regarda sa montre. Il était à peine 20h. 20h déjà, pensa t’il en souriant. Comme il se couchait par habitude entre minuit et une heure du matin, chaque jour quoi qu’il se passe, il calcula qu’il lui restait quatre, cinq heures maximum sans fumer avant de dormir. Demain, il éviterait d’y penser.

Il allait d’ailleurs dès maintenant éviter de penser à demain.

Dès maintenant.

Et il tenta de l’ordonner à son cerveau, cherchant un subterfuge pour détourner sa pensée.

Demain matin…La douche. Le café. La cl… Non. Penser à autre chose. Tout de suite. Concevoir demain matin allait le stresser. Mais il n’aurait pas de cigarettes pour se détendre.

 

Par acquis de conscience tout autant que par doute, et ne le cachons pas, vain espoir, il reprit le paquet posé sur la table, et l’ouvrit, regardant à l’intérieur, le retournant, comme un magicien prêt à prouver qu’aucun lapin n’est dans le chapeau. De lapin, comme de tabac, il n’y en avait pas. Il écrasa dans le creux de sa main ce vestige et alla le jeter dans la poubelle, l’éloignant ainsi de son regard et – espéra-t-il – de ses envies.

Il sentait monter en lui une démangeaison, comme une invasion de fourmis qui grimpaient le long de sa jambe, s’emparaient de son bras, entraînant des mouvements saccadés, étrange  danse de Saint Gui dominicale. 

Bien sûr il savait d’où venait cette agitation. Il était à peine 20h30, et il était indéniable que le manque de nicotine se faisait déjà sentir. Personne ne fumait dans l’immeuble, pas la peine de sonner chez un voisin. Cherchant par tous les moyens à s’occuper, il entreprit alors de faire ce qu’il repoussait depuis … trop longtemps déjà, et armé aussi sec d’une éponge et d’une serpillière, il s’attaqua au ménage. Drôle de moment pour le faire me direz-vous, mais comment tromper son corps, si ce n’est en lui fournissant une autre activité ?

Et puisque sa copine l’avait quitté – il y a peu de temps- ce n’est certainement pas en baisant qu’il allait se changer les idées.

La garce.

21h 30.

21h 30 dimanche soir, une heure et demi sans fumer, la pression montait.

Oui, il était accro, et alors ? Si certains savaient résister ou conserver leur calme, il avait encore le droit d’être lui-même, et de s’énerver. D’ailleurs, se dit-il en nettoyant avec rage un cendrier, d’ailleurs ce n’est pas le manque de cigarette, c’est cette salope qui me met dans cet état. Me planter comme ça, moi qui l’aimais. Mais ça ne lui suffisait pas, oh non, madame voulait plus, madame voulait être une princesse…

 

Il saisit un autre cendrier, vide, mais toujours sale. Avant de le laver, il le renifla. Il avait toujours trouvé l’odeur du tabac froid désagréable. Cette fois, ce ne fut pas le cas. Ses pupilles se dilatèrent, ses narines se remplirent de cette odeur. Il éloigna le cendrier de ses yeux, le rapprocha à nouveau, le posa…et comme un forcené, se précipita sur la poubelle.

Des mégots. Comment avait-il pu ne pas y penser avant ? Des mégots, bien sûr, qu’il allait décomposer, recomposer, se faire une tige, une sèche…une rien du tout.

22h30.

La poubelle était renversée sur le sol de la cuisine. Comme un chien grattant un terrier, il fouillait dedans. Et plus il fouillait, plus il était désespéré. Il n’y avait rien à y trouver. Et il se souvint de son propre geste, la veille, quand il avait jeté sa soupe japonaise, détestant depuis toujours tout forme de bouillon. Le liquide avait tout imprégné, et le peu de tabac qu’il trouvait sentait le sushi et s’était changé en bouillie collante.

 

Assis en tailleur, la tête entre les mains, il se mit à pleurer. Il était 23h. Il était condamné. Jusqu’à demain. A attendre. Et il n’en avait pas la force.

 

Pour tout un chacun, la situation aurait pu sembler grotesque. Tout un chacun avait la chance d’être ailleurs. Emettre à l’instant une telle opinion l’aurait précipité en enfer. La colère, la fureur montaient, les gestes n’étaient plus contrôlés. Il se leva, envoyant un dernier coup de pied dans le tas de saletés répandu au sol.

Boire, pour oublier, c’était peut-être la solution.

Boire, maintenant.

Pour oublier la clope, et la salope qui l’avait quitté.

Clope et salope, voilà qu'il faisait dans la rime, en victime anonyme.

Boire.

Un verre.

Tremblant, il en prit un, mais le laissa tomber aussi vite. Marchant sur les débris, il en prit un autre, saisit la bouteille de whisky, et remplit son verre sans laisser la moindre place pour la glace.

Un verre pour oublier, un autre pour s’abrutir, un autre pour ne plus penser, un dernier pour fumer…..fumer…Fumer comment le faire ? Minuit sonnait, il n’avait rien à fumer, il avait retourné ses poches, ouvert tous les placards, renversé chaque tiroir, mais il n’avait rien trouvé. Un verre encore, pour tuer le dernier espoir, demain pas de café, c’est au tabac qu’il se précipiterait, la salope s’était barrée, il fallait fumer pour se calmer, fumer, rien à fumer, et le briquet qui le narguait…

 

Un bruit, dans la rue, des passants, qui riaient, peut-être eux avaient-ils une cigarette, une seule, s’il vous plaît messieurs, regardez-moi, je suis là-haut, je tends le bras, vous êtes bien bas, vous auriez une cigarette, s’il vous plaît, aidez-moi…

 

 

A 00h24, trois hommes durent s’arrêter net sur un trottoir.

L’un hurla, le deuxième détourna la tête, le troisième se mit aussitôt à vomir. Un corps venait de tomber à leurs pieds.

Alertés par les cris, des lumières s’allumèrent aux fenêtres.

Les secours furent sur place en moins de dix minutes. Le temps de fumer une cigarette, pensa la concierge de l’immeuble, qui avait assisté à la scène, derrière le rideau de sa fenêtre.

Elle retourna regarder la télé. Elle s’était doutée que ça finirait ainsi. Se suicider par amour, quel gâchis. Le cendrier était plein. Elle le vida, l’essuya proprement, éteint la lumière, et alla se coucher.

Demain, elle aurait sans doute un appartement à nettoyer. Pas facile tous les jours, mais c’est pour ça qu’elle était payée.

 

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 17:30

... car la nuit sera noire et blanche. 
G. de Nerval.

Helmut-Newton-9.jpg 

Crédit photo Helmut Newton

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:12

Et ils mourront à genoux, ployant sous le joug de vos attentes, des attentes qu’ils mettaient en vous, esclaves des pensées qu’ils vous prêtaient sans vous avoir parlé. Esclaves de sentiments dont ils se détachaient. Vaine souffrance. 

Et ils s’étaleront, tâches de sang ou de boue, selon que vous les voyez hommes ou déchets de la terre, déjà poussière. Selon que vous les aimiez ou les ignoriez.

Et ils imploreront un pardon qui sera refusé, un pardon qu’on ne peut plus donner, un pardon qu’ils auraient du demander quand il était temps, quand le temps était à le faire, avant qu'un trop tard ne les oblitère.

Ne les transperce.

Ne les troue, comme ce trou préparé, creusé, cette tombe ouverte jusqu’à laquelle ils vont rouler. Cette tombe qui sur eux va se refermer, laissant un dernier cri s’échapper, un cri silencieux et muet.

 

Personne pour l’entendre, on n’entend rien quand le muet se met à hurler.

Leur lâcheté les a bâillonnés.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 08:19

Et vous irez crier que vous n’êtes pas compris, que vous n’êtes que dénigré, bafoué, mis au ban d’une société trop disparate ou futile pour que vous y trouviez votre place.

Et vous irez vous plaindre, seul, devant votre glace.

Vous irez gémir sur vous, complaisant avec l’humanité dont vous vous croyez investi et la vérité que vous pensez détenir.

 

Pauvre vilain petit canard…

 

Vous voilà pataugeant seul dans votre mare. Vous avez su la vider. Vous vous défendez de l’avoir voulu. Vous vous révoltez, vous dites ne pas avoir été cru. Mais cru, de quoi ? D’être le seul à détenir le bon droit ? D’être le seul à pouvoir dire, à être par avance justifié, excusé, de prononcer des paroles tranchantes comme des couperets, jetées arbitrairement à la face de gens qu’à peine vous connaissez ?

 

Donneur de leçon, faiseur de morale, vous avez éloigné de vous ceux qui vous portaient de l’intérêt. Certains ont fui. D’autres, lassés, ont continué de regarder le pitoyable spectacle que vous leur offriez, comme cruellement on observe son bourreau s’enfoncer dans des sables mouvants jusqu’au torse, jusqu’aux épaules, jusqu’aux yeux, jusqu’à l’étouffement. Guettant les derniers instants, le dernier souffle, témoins impatients et curieux de votre déchéance. Comme on regarde le roi despote abdiquer, fuir, attendant Varennes pour l’attraper et le condamner.

Les derniers étaient déjà partis, trop respectueux pour rester spectateurs de votre gloire défunte, trop détachés pour se moquer ou blâmer, trop sains pour vous regretter ou vous pleurer.

 

Et vous battez des ailes, agitant votre tête, et claquant du bec, cherchant encore à pincer le curieux qui pourrait s’approcher. Mais vous ne pincez plus que le vide, jeune vieillard au cœur aride, précoce miséreux, mendiant de légèreté et de tendresse.

 

Il vous manque cependant le don offert au vilain petit canard. Il était promis à la grâce. Du cygne, vous n’en avez que l’air prétentieux et le long cou arrogant. Qui impressionnez-vous encore ? Contre quoi vous battez-vous, lorsque vous vous jetez sur ce qui vit autour de vous ?

 

 

Etes-vous encore vivant ? 

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 09:15

Tremble et regarde, fixe, observe le fléau, détaille s’élevant, ce glaive majestueux, oscillant, balançant, hésitant, bras armé, justicier, de quel côté va-t-il pencher, à quel moment peut-il s’arrêter, te faisant fléchir et t’accroupir et retourner au fond de toi jusque dans ton âme, jusque dans les leurs, les leurs infâmes de ne pas avoir été connues et agonisantes elles reviennent encore, bavant le venin qu’elles ne peuvent plus cracher, poison nourrissant leurs veines et laissant s’échapper une haleine putride.

 

Tremble et regarde le bourreau, son bras levé, son bras ferré, immobile suspendu aveuglé de justice mais qu’est-elle la justice la sienne que peut-elle décider stopper le temps le relancer, le fléau devient trotteuse, aiguille, balancier, métronome d’instantané ou d’éternité.

 

Tremble et regarde tes jurés jugés juchés sur leur piètre volonté, rassurés d’être plusieurs mais faibles quand si seuls si abandonnés c’est la voix de la foule qui a parlé, la foule c’est pas l’humanité l’humanité perdue, l’humanité vertu tuée, elle s’est lavée les mains, et poncé ce qu’elle appelait cœur, ce qu’elle avait d’humain.

 

Tremble et regarde et ne pleure pas sur eux, ne pleure pas réjouis-toi contre ces procureurs, ils n’ont que la peur et la peignent en noir, en plus profond que le noir, plus absorbant  et s’y  étourdissant, s’effrayant eux-mêmes, corbeaux déplumés, désespérés, carnassiers édentés, charognards et charognes mêlés.

 

Tremble et regarde ta fierté renaître, ressusciter, éprouvée, abîmée, écrasée sous le poids de leur médiocrité, de leurs vaines paroles de Babel injustement, aveuglement jetées, nourris non ta haine ou ton mépris ils ne le méritent pas, nourris ton oubli et ton indifférence.

 

Et tremble de ne plus trembler, quand le dernier jugement sera annoncé, quand sous les portes tu devras passer et quand la sentence va tomber, quand tes épaules devront se courber, que l’attente te fera suffoquer et qu’au milieu de tous seront dits, étalés, tes plus modestes péchés.

 

Toi aussi, ne serais-tu pas pêcheur ?

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:43

Elle la vit se dresser, fière et majestueuse, semblable à l’épée de Dieu.

Elle resta allongée, se redressant à peine sur les coudes, pour mieux observer le spectacle. Elle avait chaud, la sueur perlait sur sa peau. Elle rejeta d’un mouvement de tête ses cheveux en arrière, et se laissa retomber.

Fermant les yeux, elle crut avoir rêver. Elle avait toujours espéré vivre un tel moment. Un instant exceptionnel, dont on ne revient pas. Ou, peut-être, mais tellement différent.

Certains le racontent après. D’autres ne le peuvent jamais.

 

Elle aurait voulu la toucher, la caresser. Y glisser les doigts, sentir un frôlement contre sa paume. Elle savait cependant qu’elle ne contrôlait pas. Ce qui arrivait ne dépendait pas d’elle, elle devait rester immobile et observer. Elle entrouvrit les lèvres, laissant passer un souffle semblable à une prière.

 

Peut-on flatter ce que l’on ne comprend pas? Elle le souhaitait, et le craignait. Elle voulait voir cette force, cette puissance qui se manifestait. Elle la redoutait. Pourrait-elle la supporter? Comment vivrait-elle ce qui devenait inévitable? Les questions lui traversèrent l’esprit un instant. Très vite, elle céda à l’envie, elle oublia ce qu’elle se demandait, elle se contenta d’observer.

 

C’était immense. Elle n’avait jamais rien vu de pareil. Elle n’aurait su comment le décrire. Elle n’en ressentait ni gêne, ni honte. Ni espoir non plus. Elle devenait contemplatrice, silencieuse, subjuguée.

 

Elle se redressa à nouveau, un peu plus. Elle fixa la lame, imaginant un instant comment elle serait transpercée quand elle recevrait le premier coup. Ce serait peut-être le seul, l’unique, le fatal. Celui qui arrache les larmes, et fait pousser des cris. Celui qu’on redoute et par lequel on se laisse emporter. L’excitation – tout autant que la température – faisait durcir ses seins. Ses jambes se mirent à trembler d’impatience. Ses poils se hérissèrent dans un frisson qu’elle sentit à peine. Au rythme de ce qui devenait de plus en plus certain, elle vibrait de tout son corps, lentement, doucement, comme bercée par un mouvement incontrôlable.

 

Elle tendit la langue, en recevant la première goutte. Elle voulait avoir ce goût dans la bouche, un peu salé, un peu amer. Elle voulait deviner le chemin qu’elles prendraient dans son ventre ou sur son corps, quand elles se feraient plus nombreuses. Elle passa un doigts sur son nombril, le fit glisser sur sa poitrine, vers sa nuque, essuyant une autre goutte fine comme la rosée.

Elle ne contrôlait rien. Elle était soumise, dépendante impatiente. Elle ne pouvait choisir le moment final. Il arriverait, c’était sa seule certitude.

 

Il y eut un bruit incroyable, comme elle n’en avait jamais entendu. Un hurlement déchirant le ciel, un rugissement, à s’en boucher les oreilles. Elle se mordit les poings. Elle savait que la minute suivante serait la bonne. Elle ne pouvait plus partir, elle n’avait même pas le temps de reculer, et aucun moyen pour repousser, pour éviter ce qui allait se produire.

Alors, elle ouvrit grand les yeux, se pencha en avant, puis bascula sur le dos, pour en profiter pleinement.

 

La vague, l’immense déferlante, arriva, s’écrasa sur elle, l’engloutissant. On ne retrouva jamais son corps. Le tsunami fut qualifié comme étant le plus meurtrier de mémoire de spécialiste.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 08:43

La danse des blattes sur le plan de travail de la cuisine le fascinait.

Elles étaient arrivées telle une colonie. Et s’installaient sans aucune gêne, inconscientes qu’un sort funeste pourrait leur être réservé. Pourrait, si elles avaient été ailleurs. Mais en arrivant, envahisseurs malgré eux, sur ce plan de travail pourtant confié aux sons d’une parfaite femme de ménage, elles avaient du même coup sauvé ce qui aurait pu être une courte existence.

 

Il les observait, assis sur sa chaise. Il l’avait amenée jusque là, se mettant ainsi à leur hauteur, et les regardait tourner à gauche ou à droite, dandinant leur corps ridicule, si ridicule qu’il en devenait touchant. Leurs petites pattes, avec ce fin duvet qui les recouvrait, semblait faites de velours, collants de danseurs pour un ballet improvisé. Il ne pouvait voir leurs yeux, mais il s’était convaincu qu’elles s’observaient l’une l’autre,  en danseurs de tango un rien burlesque.

Et leurs frêles antennes les rapprochaient, leur permettant cet équilibre que les futures étoiles acquièrent à la barre, devant la glace, des heures de travail durant.

 

Parfois, le rythme s’accélérait. Ce n’était plus un tango, c’était autre chose encore. Comme une danse folklorique, une ronde sur un air slave mêlant avec talent puissance et calme, passion et discrétion.

L’une d’elles, plus grosse que les autres, devait mener le ballet. Les autres l’entouraient, dans une chorégraphie spontanée, créée pour leur unique spectateur.

Parfois, elle s’arrêtait net, et ses partenaires en faisaient alors tout autant. Elle penchait sa tête, le mouvement suivi de ses antennes, dans un salut retenu. Puis elle reprenait sa danse, entraînant à nouveau derrière lui les corps de ses compagnons.

A un instant, cet arrêt fut si net qu’on entendit presque le corps de ballet se stopper.

 

Il admirait cette légèreté et cette évidence de chaque mouvement. Applaudissant presque lorsque la ronde était parfaite, retenant son souffle dans ce qu’il croyait être une arabesque, ou un entrechat.

 

Se tournant vers sa vieille radio, il leur mit de la musique. Il fallait accompagner ces danses. Il chercha ce qui pouvait le mieux convenir. Et fixa son choix sur une valse de Strauss.

 

Ce fut sans doute de leur goût. Une nouvelle danse, un nouveau mouvement s’ordonna. Les insectes se tournèrent vers lui, il en était convaincu. Et baissèrent la tête dans un mouvement tellement synchronisé qu’il en eut les larmes aux yeux.

Il fit rouler sa chaise un peu plus près encore. Et se penchant pour les voir de plus près, crut se reconnaître en l’un d’eux. Se reconnaître, jusqu’à ce jour où, alors qu’il répétait un saut des plus complexes, il était tombé, se brisant la cheville.  Et la colonne.

Depuis ce jour où il avait été condamné à rester assis, et à rouler, sans jamais plus danser.

 

Il tendit la main vers eux, ému, transporté, les adorant soudain comme on adore une Etoile, les enviant, repensant à ses heures de gloire, seul sur la scène, éclairé, admiré…

 

Le plus gros, le maître de ballet, avança une patte. Puis une autre.

Il se rapprocha de la main qui lui faisait signe.

 

L’Etoile brisée l’appela, doucement. Les autres attendaient, guettaient, ne bougeaient plus que leurs antennes. Et Strauss donnait le tempo de cette intimité.

 

La blatte souleva une patte, puis la tendit. Le mouvement était fin et gracieux. Elle la reposa sur l’index qui s’offrait. Les autres pattes suivirent, et l’insecte s’installa, levant une tête vers ce visage inconnu.

 

Il sentit une larme couler.

Le cafard reprit sa ronde, pour lui seul, tournant encore, se posant, saluant, et reprenant indéfiniment cette évolution gracile.

 

C’était presque une communion entre l’Etoile et la blatte.

Et alors qu’il ne pouvait plus retenir ses pleurs, son pied droit se souleva lentement, et se mit à bouger.

 

La danse ne l’avait pas abandonné. 

 


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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 08:54

Au matin, il découvrit qu'il avait mué : son ancienne peau, semblable à un vieux drap froissé, gisait à ses côtés.

C’était la première fois de sa vie qu’il pouvait s’observer ainsi, de l’extérieur. C’était très étrange. Pourvoir regarder sa peau, la toucher, la sentir, la tenir entre ses mains.

Il la prit délicatement, comme on cueille des fils de soie, par peur de la voir disparaître, s’effilocher ou tomber en poussière. Mais il n’avait rien à craindre, c’était une belle peau, bien solide, tannée par des années au soleil. Elle avait certes quelques plis et des marques d’usure à divers endroits, mais comme pour le cuir, elles n’étaient que le reflet d’une vie bien remplie.

Il passa la paume de sa main dessus, doucement. Elle était encore tiède, il eut l’impression de sentir son cœur battre. Elle semblait vivante, comme si elle était habitée d’une âme qui n’était plus la sienne. Dans le creux du coude, dans le repli des genoux, il sentit la peau vibrer, s’agiter, comme parcourut d’un frisson. Il souffla dessus, et elle suivit le mouvement que lui donnait le souffle, ondulant doucement, comme un voile à la fenêtre quand la brise se lève.

Ce qui l’étonnait était qu’elle fut intacte. Il n’y avait ni trou, ni déchirure, pouvant laisser comprendre comment cette peau s’était évadée de son corps, pour se retrouver ainsi, à côté de lui, sur le lit. Il la retourna, cherchant une fente, même dans un endroit discret, mais il n’en vit aucune, pas plus de trou que ceux que la nature créait naturellement. Et bien trop petits pour qu’un corps entier puisse glisser par cet endroit.

En l’observant ainsi, il remarqua une cicatrice qu’il s’était faite quelques années plus tôt, en tombant sur une pierre aiguisée. Il s’était ouvert la cuisse, assez profondément, juste sous la fesse, dans cet endroit qu’on ne peut jamais voir de soi, sauf à se rompre le cou. Plus d’une fois, après avoir été recousu, il avait touché la blessure, et sentait sous ses doigts une boursouflure. Cette fois il pouvait l’observer. Elle dessinait une sorte de vague en relief, petit boudin incrusté dans l’épiderme. Il en fut ému, comme si une partie de lui-même s’était enfui. Il essaya de la retrouver, en touchant cet endroit sur ce corps qui était toujours là, dans une nouvelle couverture. Mais la marque était bien partie.

Cette peau était bien plus que le reflet de sa vie, elle en était la mémoire, et il en fut d’autant plus troublé. Elle prenait à l’instant une toute autre valeur, comme un vieux journal rangé au fond d’un tiroir, puis retrouvé, laissant s’échapper entre ses feuillets des souvenirs épars. Comme ces albums de photos que l’on feuillette distraitement mais qui offrent chacun leurs madeleines de Proust. Une fois refermés, il laisse flotter un parfum de mélancolie.

 

Cette peau, il devait la protéger, elle n’était pas une partie de lui, elle était lui.

 

Il alla chercher un cintre arrondi, pour ne pas faire de creux ou de marques aux épaules, et il suspendit la peau. Il l’accrocha, assez haut pour qu’elle ne traîne pas par terre et ne se salisse dans la fine pellicule de poussière qui couvrait le parquet.

Il prit alors un linge doux, et un lait pour la peau. Et doucement, en mouvements circulaires habiles et délicats, il entreprit de traiter cette peau, afin de la conserver dans le meilleur état possible. Il insista un peu plus au niveau des aisselles. Souriant, il se souvint de la veille, chaude journée de juillet. Il avait transpiré et s’était couché sans se doucher, laissant une vague odeur âcre se dégager de cette partie intime de son corps. Il nettoya la peau jusqu’à ce qu’elle ne dégage plus que son odeur naturelle et retrouve de sa fraîcheur.

 

Alors, il s’assit, et s’admira, car finalement il s’agissait bien de lui. Plus que de l’admiration, il était fier et réjoui. Il avait enfin de quoi participer au concours. Tanneur de père en fils, il comptait se rendre à la foire agricole annuelle qui célébrait, entre autres, les plus belles tanneries, et les créations les plus originales. Jusqu’à son réveil, il ne savait pas encore quoi présenter, et il se désespérait. Il ne voulait pas déshonorer sa famille en étant le premier à ne rien pouvoir présenter.

Ses vœux étaient exaucés, miraculeusement. Le bulletin de participation trainait encore sur son bureau. Avec application, il le remplit, le mit sous enveloppe et le cacheta.

Se présenter lui-même ne pouvait être qu’un chef d’œuvre. Il était certain de pouvoir remporter le premier prix.

 ©P.V. mai 2011

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